Tout investissement direct n'est pas une délocalisation. Il peut s'agir de réinvestissements de profits sur place, d'extension d'unités de production existantes, de création ex nihilo d'activités répliquant les unités de production de la maison mère et donnant accès à un marché local, de fusions acquisitions. Or, un certain nombre d'opérations emblématiques dans le matériel électronique (Hewlett Packard, Mitsubishi Electric, STMicroelectronics
), et la stratégie des firmes multinationales d'un certain nombre de secteurs d'activité (articles de sport, industries polluantes, déchets ...) posent, à tort ou à raison, à la société civile la question de l'absence de cadre international régulant ces pratiques. L'échec de l'AMI (Accord Multilatéral sur l'Investissement) montrait d'ailleurs que de multiples contradictions n'avaient pu être résolues.
Ne risque-t-on pas, faute de pouvoir traiter les questions sociales et environnementales à l'OMC, de transformer l'ouverture des marchés en une incitation au dumping social, environnemental ? L'une des causes de l'échec de Cancun c'est aussi la résistance des pays en développement à élargir le champ de compétence de l'OMC (Singapore issues).
Au sein même de l'Union européenne, et ceci pourrait être renforcé par l'élargissement, l'absence d'harmonisation sociale ou fiscale peut inciter les pays à s'engager dans une stratégie du moins disant.
Peut-on seulement compter sur les " codes de bonne conduite " des firmes ? Les approches alternatives (commerce équitable,...) sont-elles transposables à autre chose qu'à des niches concurrentielles ? La pression de la société civile (menace de boycott des marques,...) constitue-t-elle un garde fou ?
Tels sont les thèmes sur lesquels les intervenants nous feront entendre leur opinion, en s'appuyant sur des exemples concrets pour illustrer leur propos.
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