Le blog du CEPII
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Energie solaire : le jeu de massacre continue

Commerce & Mondialisation 
Billet du 17 mai 2013
Par Michel Fouquin
Appelée à devenir une source importante de production d’énergie renouvelable et peu polluante, l’énergie solaire a attiré l’attention des pouvoirs publics dans le monde entier. Les subventions de l'Etat chinois ont permis au pays de devenir leader mondial.
Appelée à devenir une source importante de production d’énergie renouvelable et peu polluante, l’énergie solaire a attiré l’attention des pouvoirs publics dans le monde entier. Ceux-ci, soucieux de cultiver leur image d’amis de la planète et pensant y trouver une industrie de haute technologie capable de créer de bons emplois, n’ont pas été avares de subventions de toutes sortes et de prêts à des conditions particulièrement douces pour accélérer son développement. Las, savez-vous ce qu’il advint ?

Les chinois qui souffrent de la pollution à un degré gravissime et leur gouvernement, soucieux de développer les nouvelles industries, a décidé d’utiliser l’argent public, abondamment recueilli grâce à l’accumulation faramineuse de leurs excédents extérieurs, pour mettre le « paquet » -si l’on m’autorise à user de ce terme trivial- sur cette industrie. En quelques années la Chine en est devenue le leader mondial et sa réussite est telle aujourd’hui que sa capacité de production équivaut à deux fois la demande mondiale. Le mastodonte a largement dépassé sa cible.

Que fait-on dans ce cas là ? On tente de vendre à prix cassés pour récupérer d’urgence les fonds nécessaire au remboursement des crédits. Dès lors, les prix mondiaux ont chuté de 45% en 2011 et de 25% en 2012. Les producteurs chinois voyaient leurs pertes comblées par leurs banques locales sur injonction des gouvernements locaux. Mais là aussi les limites ont été dépassées. Du coup, on annonce en mars 2013 la faillite du plus grand producteur chinois Wuxi Suntech, filiale du groupe Suntech, avec une ardoise dépassant le milliard de dollars, que ses actionnaires ne sont pas près de revoir. D’autres suivront.

Entre temps, le dumping chinois a fait des ravages parmi les entreprises occidentales ; on ne dénombre pas moins de 40 entreprises mises en faillite ou réduisant leur production de manière drastique depuis 2011. Face à cela, le gouvernement  Américain a réagi en premier, il y a deux ans, en imposant une taxe antidumping équivalente à 40% environ sur les produits chinois (pour vente en dessous du prix de revient). Enfin, les européens se décident, semble-t-il, à prendre des mesures similaires en imposant une taxe de 47% sur les produits chinois. Le lobby des installateurs tente de faire obstruction en arguant que cela risque de nuire à leur activité et à la santé de la planète !
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