La forte appréciation
de l'euro contre le dollar, même si elle ramène au voisinage d'un
taux de change d'équilibre de long terme, soulève des interrogations
quant à la compétitivité des industries européennes.
Si les choix de localisation sont très largement déterminés
par un arbitrage entre proximité de la demande et coûts de production
- sous contrainte d'économies d'échelle limitant le nombre d'implantations
efficaces - ils sont aussi déterminés par l'histoire, dans la mesure
déplacer un site de production peut entraîner d'importants coûts
irrécouvrables. C'est pourquoi le phénomène de délocalisation,
défini comme le déplacement d'une unité de production peut
difficilement être envisagé comme tel dans les industries à
fortes immobilisations : la délocalisation de l'industrie s'opère
alors progressivement, au rythme des ouvertures de nouvelles unités de
production, des fusions-acquisitions transfrontières, de la réorganisation
de la production au sein des groupes à l'échelle internationale.
Dans cette perspective, l'Europe offre-t-elle encore des localisations industrielles
efficaces ? L'élargissement offre-t-il de nouvelles opportunités
? Quels segments de valeur ajoutée peut-on espérer conserver en
France ?
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