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N° 1998 - 10 |
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| Octobre |
| Compétitivité et régimes
de change en Europe centrale |
Michel Aglietta
Camille Baulant Virginie Coudert |
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La Hongrie, la République tchèque,
la Pologne ont réussi leur stabilisation nominale tôt dans la décennie et sont
bien engagées dans la modernisation de leurs structures. Ce processus est conduit
dans des économies ouvertes et dans la perspective de l'intégration à l'Union
européenne. On étudie les performances de ces trois pays dans une approche macro-économique
qui s'intéresse aux conditions de la croissance à moyen terme.
On choisit le degré d'ouverture au commerce international comme indicateur synthétique de la modernisation des structures productives et le taux de change réel comme expression de la compétitivité. On construit un modèle qui relie le degré d'ouverture et le taux de change réel aux variables représentant l'équilibre interne (la croissance réelle) et l'équilibre externe (la balance commerciale rapportée au PIB). On compare les structures des trois pays en estimant les relations du modèle et en simulant l'impact de la variation du taux de change réel sur le double équilibre.
La mesure du taux de change réel en niveau et en évolution permet de conjecturer une appréciation tendancielle, sauf peut-être en Hongrie, au fur et à mesure que la productivité augmente dans les secteurs modernisés et que la structure des prix relatifs dans ces économies se rapproche de celle des pays auxquels elles s'intègrent.
L'estimation des relations entre les prix et les fonctions du commerce extérieur d'une part, la simulation d'autre part, permettent de repérer les différences entre les trois pays. La Pologne a une faible élasticité-prix des exportations de sorte que sa croissance est moins stimulée et sa balance commerciale moins améliorée que celles des deux autres pays pour une même dépréciation réelle du taux de change. La Hongrie et la République tchèque se distinguent par les différences d'intensité de concurrence sur les marchés intérieurs. Il s'ensuit que pour une même dévaluation, les termes de l'échange s'améliorent en Hongrie, alors qu'ils se détériorent en République tchèque et en Pologne. Enfin, la répercussion d'une variation nominale du taux de change sur les prix intérieurs dépend de l'indexation entre salaires et prix. La rigidité nominale parait très élevée en République tchèque, moins importante dans les deux autres pays, surtout en Pologne où une politique de revenus a été mise en place.
Les caractéristiques macro-économiques se traduisent par un dilemme entre désinflation et compétitivité qu'on retrouve dans nombre de pays émergents. L'inflation est sous contrôle, mais elle est fort au dessus de la norme excessivement basse des pays de l'Union européenne. Ces taux d'inflation sont compatibles avec les profits qui permettent de financer l'investissement intérieur sans recours excessif aux entrées de capitaux. La politique de change doit donc éviter des cycles de sous-évaluation et de surévaluation autour d'une tendance du taux de change réel qui résulte des progrès de productivité et de la convergence de la structure des prix relatifs vers celles des pays de l'Union européenne. Cela incite à recommander des régimes de change de flottement géré ou de glissement d'une bande de fluctuation large. Comme les entrées de capitaux sont trop sensibles aux hausses de taux d'intérêt, il revient aux politiques budgétaires et éventuellement à des politiques de revenu de calmer la pression de la demande excédentaire. |
Résumé |
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Mot-clés |
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Classification JEL |
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