Les espoirs dans une nouvelle architecture financière internationale centrée sur les institutions de Bretton Woods ne se sont pas concrétisés. L’article analyse quatre échecs majeurs des tentatives d’améliorer le fonctionnement du système financier international. L’endettement souverain n’est toujours pas assuré contre les mouvements erratiques des taux d’intérêt et de change. Le prêteur international en dernier ressort pour endiguer les crises globales de liquidité s’est révélé introuvable. L’institution indispensable d’un droit international des faillites pour une résolution civilisée des crises de solvabilité est reportée à des jours meilleurs où la communauté d’intérêts des États deviendra plus pressante. Les handicaps structurels des pays moins avancés ne sont pas sérieusement attaqués, alors que l’aide publique continue à se réduire comme peau de chagrin et qu’aucun mécanisme international ne garantit son appropriation par les populations concernées.
Ces échecs résultent de l’influence prépondérante du néolibéralisme. Il prône la soumission des États au jugement de la finance globale. Au contraire, la mondialisation ne pourra promouvoir un régime de croissance non excluant pour les pays en développement que si la communauté des États prend le contrôle politique de la régulation de la finance globale. Ce problème de gouvernance mondiale passe probablement par la formation d’espaces de coopération régionale dans les zones d’intégration économique. L’Asie montre la voie dans un processus progressif qui va voir les régimes de change se libérer de l’emprise du dollar, condition indispensable pour maîtriser l’endettement international. La formation d’espaces régionaux politiquement autonomes entraînera une appréhension nouvelle des biens publics globaux. La liquidité internationale deviendra un bien géré par un concert de banques centrales. Le recul de l’hégémonie américaine créera l’intérêt politique pour instituer une loi financière internationale réglant les crises de solvabilité.
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Résumé |