| Dès la suppression du cadre socialiste qui, jusque fin 1990, définissait les conditions d'échanges réciproques, les relations commerciales au sein du CAEM se désorganisent complètement. L'obligation faite de régler les transactions en devises, de définir les prix en fonction des standards internationaux, entrave les échanges entre partenaires ex-socialistes. En trois ans, entre 1989 et 1992, le commerce entre les pays signataires de l'accord de Visegrad diminue de moitié.
La baisse des niveaux de transaction s'accompagne d'une modification de la structure sectorielle des échanges, plus diversifiée selon les pays et plus proche de celle qui prévaut dans les échanges avec l'OCDE. Ainsi, l'augmentation des ventes à l'Ouest conjuguée à la baisse des ventes à Visegrad peut être considérée comme témoignant d'une adaptation des structures d'offre.
Une série d'études chiffre un niveau qualifié de " normal " des échanges post-CAEM, mesuré par la part d'un pays sur le marché du partenaire. Une structure géographique fictive du commerce extérieur est obtenue à partir d'hypothèses diverses. De façon générale, les échanges des pays de l'accord de Visegrad avec leurs partenaires de l'ancien CAEM seraient aujourd'hui en deçà de leur niveau " normal ". Les quatre pays disposeraient donc, après la forte contraction observée de leurs échanges mutuels, d'un potentiel d'accroissement de leurs parts de marché sur l'ancien CAEM allant de 15 à plus de 40% par rapport au niveau de 1992-1993. L'entrée en vigueur en mars 1993 de l'accord de libre-échange entre Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie devrait favoriser une relance du commerce intra-zone.
Les chocs majeurs de la désorganisation des échanges et de la réforme des économies peuvent être aujourd'hui considérés comme absorbés. En conséquence, le commerce bilatéral entre pays signataires de l'accord de Visegrad, dont la baisse a permis d'assainir les bases de l'échange, devrait cesser de diminuer, voire reprendre. Néanmoins, la division tchécoslovaque pourrait, du fait de la part prépondérante occupée par l'ex-tchécoslovaque pourrait, du fait de la part prépondérante occupée par l'ex-Tchécoslovaquie dans les exportations au sein de la zone, infléchir quelque peu la dynamique qui se dessine. Dans tous les cas, la taille relativement réduite du marché de Visegrad implique des échanges structurés par un partenaire majeur, qu'il s'agisse de l'Europe occidentale ou de l'(ex) URSS et octroie au commerce intra-zone un caractère résiduel. La très forte réduction de l'offre adressée à l'ex-URSS a reporté sur l'Ouest cette fonction de structuration.
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