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English
  N° 71
3ème trimestre 1997
L'ouverture, catalyseur de la croissance
Lionel Fontagné
Jean-Louis Guérin
 
La théorie du commerce international enseigne que l'ouverture a des effets positifs, susceptibles de soutenir la croissance : élargissement du marché permettant de réaliser des économies d'échelle, élargissement de l'offre d'inputs améliorant l'efficacité des producteurs, enfin externalités. Pourtant, les gains statiques d'ouverture sont assez faibles comme l'indiquent les estimations attachées à différents épisodes de libéralisation multilatérale du commerce. Les gains dynamiques d'ouverture doivent donc être pris en compte : l'ouverture est un choc pouvant élever le rythme d'accumulation et faire changer l'économie de sentier de croissance. Mais il n'est pas exclu que des phénomènes cumulatifs de divergence s'enclenchent si toutes les branches ne sont pas équivalentes d'un point de vue dynamique.

La recherche empirique d'un impact positif de l'ouverture sur la croissance bute sur des problèmes méthodologiques difficiles. Mais, au-delà de ces problèmes, il n'est pas avéré que la convergence soit accélérée par l'ouverture ; d'ailleurs les régions ne convergent pas nécessairement au sein d'économies nationales fortement intégrées par définition. L'intégration européenne, qui devrait constituer un bon laboratoire, ne permet pas non plus de conclure à des effets permanents sur la croissance des pays membres. Par contre, un certain nombre de mécanismes élémentaires sont avérés empiriquement. D'une part, la nature du commerce, et en particulier le poids du commerce intra-branche dans l'échange, a un impact sur la croissance. D'autre part, le commerce international et l'investissement direct sont à l'origine de fortes externalités technologiques.

L'ouverture est finalement un catalyseur de la croissance : elle s'inscrit dans un ensemble de réformes capables de libérer les forces du marché ; elle est la conséquence nécessaire d'une stratégie d'investissement réussie, à laquelle l'Etat n'est pas toujours étranger. Mais ce catalyseur ne peutavoir d'effet favorable que si des conditions internes sont remplies. Même si la réplication d'expériences passées d'ouverture n'est pas garante d'un processus auto-entretenu de croissance, les conditions internes et du marché mondial différant, ce choix est un signal fort envoyé aux agents ; il constitue un engagement irréversible du gouvernement dans le sens des réformes et de l'efficacité. En ce sens, l'ouverture reste un choix de politique économique globalement préférable.
Résumé
Numéro thématique : "Mondialisation, convergence et inégalités"  
  Classification JEL
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