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English
  N°76
4ème trimestre 1998
Thaïlande : de la crise de croissance à la crise monétaire
Joël Guglietta
Jérôme Sgard
 
Cet article porte sur les causes plus ou moins lointaines de la crise thaïlandaise, son développement à court terme, en 1997-1998, et les réponses successives apportées par les autorités. Une première partie analyse les déséquilibres apparus dans la croissance, depuis le début des années 1990. Si les performances de l’économie réelle montrent une inflexion sensible, les sources principales de la déstabilisation sont financières : en particulier, des intermédiaires faibles et un marché mal régulé ont mal géré la croissance rapide des entrées de capitaux à court terme, à partir de 1993. Ceci s’est traduit par un cycle de surinvestissement et de sur-endettement dans le secteur manufacturier, ainsi que par une large bulle immobilière. A partir de 1996, des tensions de plus en plus visibles sont apparus dans le système financier, qui ont abouti à la crise de change de juillet 1997. La seconde partie de l’article analyse le développement de la crise à plus court terme, notamment le passage de la crise de liquidité, du système bancaire (été 1997) vers une grande partie de l’économie réelle (fin d’année). On a observé alors une rupture large de la discipline du crédit, qui s’est étendue à un grand nombre d’entreprises solvables, par une dynamique classique d’aléa moral ; cette situation sera très difficile à résorber ultérieurement. On souligne aussi les erreurs graves commises par la Banque centrale, d’abord dans la défense de l’ancrage du change, puis lors des injections incontrôlées de liquidité dans le système financier : les pertes totales peuvent être estimées à près de 23% du Pib. La dernière partie analyse les réponses plus cohérentes apportées à la crise, surtout à partir de novembre 1997 : restructuration et remise en fonctionnement du système financier, cadre macroéconomique. Résumé
Numéro thématique "Les crises en Asie"  
E65, F36, G21. Classification JEL
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