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Il existe plusieurs méthodes pour apprécier si un taux de change est à son
"bon niveau". La parité de pouvoir d'achat (PPA), en niveau et en évolution,
constitue une référence souvent utilisée. Mais elle n'est guère appropriée à l'étude
des pays émergents, qui ont des niveaux de prix beaucoup plus faibles que les
pays développés. Il est souhaitable de corriger la norme de PPA par l'effet dit
"Balassa", qui tient compte des différences de productivité entre les
secteurs. Cet effet explique le plus faible niveau de prix dans les pays développés
et considère normale une certaine appréciation du taux de change réel au cours
du processus de développement. Enfin, d'autres normes peuvent être fournies par
des taux de change dits d'équilibre, calculés de différentes manières et définis
généralement comme les taux de change qui prévaudraient lorsque les équilibres
internes et externes seraient atteints.
L'article propose un modèle théorique simple de taux de change réel d'équilibre
pour les pays émergents. Deux effets sont retenus. Premièrement, le taux de change
réel est corrigé d'un effet dit "Balassa" qui tient compte des différences
de productivité entre les secteurs abrité et exposé. Cet effet est souvent lié
aux différences de niveau de vie mais ne s'y réduit pas. Deuxièmement, le taux
de change réel est supposé s'adapter pour assurer la soutenabilité de la dette
extérieure, qui est définie par la stabilisation en pourcentage du PIB.
Le modèle est estimé sur données de panel avec un échantillon de seize pays
émergents d'Asie et d'Amérique latine. Plusieurs formulations sont testées. Les
taux de change réels sont pris en niveau ou en évolution. L'effet Balassa est
représenté par les prix relatifs entre les deux secteurs ou par des écarts de
niveaux de vie. Les résultats montrent que le modèle avec les taux de change en
évolution et les prix relatifs est le mieux adapté.
Ce modèle est utilisé pour fournir des estimations des taux de change d'équilibre.
Ces estimations sont ensuite comparées aux valeurs observées, ce qui permet de
repérer les phases de surévaluations ou de sousévaluations des monnaies. L'analyse
des résultats par pays montre que la plupart des crises récentes ont été précédées
par une période de surévaluation du taux de change.
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