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English
  N°80    
4ème trimestre 1999
La qualité de la monnaie
Domingo Felipe Cavallo  
"La monnaie, c'est capital", mais "l'aspect véritablement capital est la quantité de cette monnaie". Ces deux expressions, qui trouvent leur origine dans la littérature monétariste universitaire, ont fait florès au début des années soixante-dix.

L'inflation endémique, qui a été le lot des économies latino-américaines pendant des dizaines d'années avant de toucher les Etats-Unis et la plupart des pays industrialisés vers la fin des années soixante et tout au long des années soixante-dix, a ainsi été expliquée par une augmentation persistante de la quantité de monnaie en circulation. Et si certains pays, l'Allemagne et la Suisse, notamment, ont pu conserver des taux d'inflation modestes, c'est, dans cette optique, grâce à une meilleure maîtrise de la croissance de leur masse monétaire.

Au cours des années quatre-vingt en Amérique du Nord, en Europe, en Asie de l'Est et en Océanie, puis à partir du début des années quatre-vingt-dix en Amérique latine, on a constaté une baisse généralisée des taux d'inflation, phénomène que les analystes monétaristes ont attribué à un ralentissement de la croissance de la masse monétaire. Les crises monétaires qu'ont connues l'Europe en 1992, le Mexique en 1995, l'Asie du Sud-Est en 1997, la Russie en 1998 et le Brésil en 1999 sont pour leur part imputées à des politiques macroéconomiques trop expansionnistes, tant sur le plan monétaire que budgétaire, dans le cadre de régimes de change trop rigides.

Pour ceux qui adhèrent à cette théorie moderne de la quantité de monnaie, et qui interprètent de la sorte l'inflation et la stabilisation, la recette des mécanismes monétaires internationaux est fort simple : d'une part, chaque pays devrait confier sa monnaie à une banque centrale indépendante, de manière à garantir la stabilité du niveau général des prix ; d'autre part, la valeur de cette monnaie devrait être déterminée par un régime de change flottant. Dans un tel cadre, il n'y aurait ni à coordonner les politiques monétaires, ni à limiter les flux de capitaux. La stabilité des prix serait garantie dans chaque économie nationale, ainsi qu'à l'échelle mondiale. Enfin, les crises monétaires n'existeraient pas.

Résumé
   
  Classification JEL
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