Directeur de publication
Rédacteur en chef
 
Michel Beine
Balazs Egert
Thierry Mayer
Bernhard Herz
Miguel Leon-Ledesma
Larry Dongxiao Qiu
Horst Raff
Maurice Schiff
Akiko Suwa-Eisenmann
Mathias Thoenig
Wing Thye Woo
Philippe Aghion
Steve Ambler
Philippe Bacchetta
Marius Brülhart
André Cartapanis
Yin-Wong Cheung
Simon J. Evenett
Paul de Grauwe
Marion Jansen
Ronald Mac Donald
Paul Masson
Jacques Melitz
Peter Neary
Joaquim Oliveira Martins
Gianmarco Ottaviano
Roberto Perotti
Luca Ricci
Jacques-François Thisse
English
  N°81    
1er trimestre 2000
Quel rôle pour les contrôles
des mouvements internationaux de capitaux ?
Jean-Pierre Allégret  
Les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix sont marquées par un processus d’ouverture financière internationale qui a d’abord touché les pays développés avant d’atteindre les économies dites émergentes. Considérant les gains d’efficience liés à cette intégration financière, le Fonds Monétaire International fait désormais de la convertibilité du compte de capital un objectif central de son action. Or, la multiplication des crises monétaire et bancaire depuis la fin des années quatre-vingt tend à remettre en cause le bien-fondé de cet objectif ultime de la mondialisation. Les institutions internationales ont répondu aux nouveaux défis de la globalisation financière en proposant ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la nouvelle architecture du système financier international : transparence, responsabilisation et surveillance, ainsi que supervision en sont les piliers.

À partir d’une revue de la littérature, cet article s’interroge sur le rôle que pourrait jouer un contrôle sur les mouvements de capitaux dans le nouveau contexte financier international. Peut-il constituer un élément d’une stratégie axée sur la " libéralisation ordonnée " recherchée par le FMI à travers sa nouvelle architecture ? Après avoir identifié les facteurs qui ont justifié le recours à des contrôles sur les mouvements de capitaux, cet article analyse les différents systèmes de contrôle, ainsi que leur efficacité. Les contrôles de capitaux obéissent à des considérations stratégiques, économiques ou politiques. À la manière du contrôle prudentiel, nous distinguons d’abord entre les imperfections appelant un contrôle ex post – curatif – et celles justifiant un contrôle ex ante – préventif. Aux premières correspondent des fondements liés aux conséquences effectives de l’intégration financière internationale : volatilité des taux de change, perte d’autonomie de la politique économique, difficulté à gérer d’un point de vue macroéconomique les entrées massives de capitaux, correction des défauts liés au système d’incitation. Les seconds types de facteurs conduisant à contrôler les mouvements de capitaux font référence aux implications potentiellement déstabilisantes de la globalisation : conséquences de la mobiliérisation des financements internationaux sur le comportement des acteurs, poids des facteurs externes dans la déstabilisation des économies émergentes.

Comment faire face aux causes d’instabilité identifiées précédemment ? D’une manière générale, les réponses ont porté d’une part sur une taxation des transactions sur les marchés des changes – à la manière de la proposition Tobin – et, d’autre part, sur un contrôle unilatéral dans les pays émergents au début des années quatre-vingt-dix. Les caractéristiques centrales de chacun de ces systèmes sont identifiées ici. Dans les deux cas, la taxe implicite pénalise plus particulièrement les capitaux à court terme jugés plus volatiles et spéculatifs. La différence de fond entre les deux approches réside dans le fait que les conceptions à la Tobin taxent toutes les transactions alors que les systèmes adoptés dans les marchés émergents portent en règle générale sur les entrées. L’analyse de l’efficacité des contrôles sur les capitaux suggère que celle-ci est limitée. Parmi les facteurs explicatifs de ce constat, citons l’adaptation des agents qui cherchent à contourner les contrôles et, surtout, la difficulté à intégrer des restrictions sur la mobilité des capitaux dans un cadre macroéconomique et prudentiel cohérent.

Résumé

Texte intégral

   
Globalisation financière ; marchés financiers ; système monétaire ; intégration internationale ; flux de capitaux ; mondialisation Mots clés
G15 ; E42 ; F15 ; F21 Classification JEL
Bon de commande