Selon les études historiques
les pays industrialisés ont connu une baisse séculaire de l'intensité énergétique
après avoir connu un maximum. Une ligne reliant ces maxima représente ainsi la
"vraie" courbe de progrès technique au niveau mondial. Après ces sommets,
le progrès technique l'emporte sur les révolutions industrielles et la baisse
de l'intensité énergétique exprime la tendance du progrès technique : les
pays en développement n'ont pas encore atteint le maximum.
L'intensité énergétique est une fonction décroissante du prix relatif de l'énergie
par rapport au prix à la consommation si elle provient des ménages ou au prix
du PIB si elle provient des entreprises. Pour les ménages, elle est fonction croissante
de la richesse réelle par tête et pour les entreprises du PIB en niveau. Elle
dépend aussi du progrès technique et d'effets structurels comme le choix de la
spécialisation de l'économie dans des secteurs à plus ou moins forte intensité
énergétique, ou comme le partage de la demande finale des ménages et de la demande
intermédiaire des entreprises : plus riches les ménages se chauffent plus
et circulent plus ; et la croissance peut se faire avec un rapport consommations
intermédiaires d'énergie/investissement différent selon les paramètres de l'économie
comme le coût relatif des facteurs.
Après avoir passé en revue la littérature sur le sujet, nous proposons une étude
économétrique pour la France depuis 1900. Afin de distinguer l'effet de structure
de la tendance du progrès technique, nous calculons un indice de structure agrégé.
Il est égal à la somme pondérée des intensités énergétiques des branches. Les
poids sont les parts de la valeur ajoutée dans la valeur ajoutée totale.
L'effet du coût d'usage relatif de l'énergie par rapport au capital n'est pas
significatif sans doute parce que les anticipations de variation du prix de l'énergie
variaient trop au cours du temps par rapport à la durée de vie des équipements.
Avant, comme après, la seconde guerre mondiale l'élasticité de la demande au revenu
sur longue période est de l'ordre de 1,3, alors que l'élasticité négative aux
prix relatifs est environ de 0,1. Si l'effet de structure est crucial pour expliquer
la demande d'énergie avant 1938, il n'en est pas de même après 1949, en raison
sans doute de la diversification des ressources énergétiques et de la diversification
de l'appareil industriel. Enfin, est apparue depuis la seconde guerre mondiale
une tendance de progrès technique de l'usage de l'énergie d'environ 1,0 %
sur longue période. |
Résumé
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