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N°83 |
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| 3ème trimestre 2000 |
| Les trente-cinq heures |
Jean-Paul Fitoussi
Eric Heyer |
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| Pensée dans un contexte
déserté par la croissance, la réduction du temps de travail
(RTT) se trouve appliquée à un moment où l'espoir d'une croissance
durable et du retour au plein emploi redevient réaliste. Elle était
initialement une solution de résignation à la croissance "molle"
et au blocage des instruments de la politique économique. Aujourd'hui où
l'une et l'autre de ces idées reçues apparaissent clairement démenties
par les faits, la RTT est perçue comme une mesure permettant d'accélérer
le retour au plein emploi. |
Résumé
Texte intégrae
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| Si les fondements théoriques
de la réduction de la duré du travail comme solution au problème
du chômage sont des plus incertains, il est toutefois trois raisons, pour
lesquelles celle-ci pourrait être de bonne stratégie dans les circonstances
présentes : d'une part, la RTT apparaît comme la première
mesure massive de lutte contre le chômage, destinée à rompre
avec la passivité des politiques antérieures et de rendre crédible
l'engagement pour l'emploi de la politique économique ; d'autre part, la
baisse du temps de travail est conquête sociale dans la mesure où
elle rétablit un espace de négociations entre salariés et
entrepreneurs, que le déséquilibre des rapports de force entre acteurs
avait réduit à sa plus simple expression ; enfin, la réduction
de la durée du travail pourrait avoir des conséquences importantes
sur la croissance potentielle en intervenant à un moment où la diffusion
d'une nouvelle technologie générique rend nécessaire une
réorganisation du travail au sein des entreprises. |
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| L'OFCE a tenté d'évaluer,
aussi complètement qu'il était possible, les conséquences
diverses que pouvait avoir sur l'emploi le passage aux 35 heures. Dans l'hypothèse
où l'ensemble des salariés seront, à terme, couverts par
un accord 35 heures, l'impact final sur l'emploi serait, selon nos simulations,
d'environ 480 000. Cet impact est certes modeste par rapport à certaines
attentes mais réel et constituent un résultat important relativement
aux politiques de l'emploi qui avaient été poursuivies jusqu'ici. |
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| Les résultats de ces simulations
montrent certes que la loi des 35 heures peut significativement contribuer, si
les conditions sont favorables, à la création d'emploi. Mais ils
montrent aussi qu'il ne faut en attendre qu'une réduction d'un peu plus
d'un point du taux de chômage. C'est évidemment important, mais pas
vraiment à la hauteur du déséquilibre de l'emploi en notre
pays. Ainsi, sans une croissance relativement forte, qui tranche avec celle que
nous avons connu jusqu'ici dans les années quatre-vingt-dix, il n'est pas
de vraie solution au problème du chômage. La réduction du
temps de travail peut certes aider à ce que l'objectif d'emploi soit atteint
plus vite, mais la dynamique qui nous conduira à nous en rapprocher dépend
presqu'exclusivement du taux de croissance. |
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| Numéro
thématique "Réduction du temps de travail et emploi" |
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| Temps de travail
; marchés de facteurs ; démoéconomie ; politique économique
; emploi ; coûts de facteurs ; marché du travail ; politique économique
et économie européenne ; politique budgétaire et fiscale |
Mots clés |
| E17 ; E24 ; J23
; E62 |
Classification JEL |
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Bon
de commande |
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