| Les dix années de stagnation
de l'économie japonaise, depuis 1990, restent à bien des égards
une énigme. Une bulle spéculative, l'insolvabilité de nombreux
intermédiaires financiers et une récession ne sont pas en effet
des phénomènes exceptionnels, à l'échelle internationale
: depuis vingt ans des dizaines de pays ont fait cette expérience, après
avoir libéralisé de manière précipitée leur
système bancaire. Mais plutôt qu'un scénario classique de
réponse à un choc ponctuel, le Japon a connu une longue crise, qui
en bonne mesure s'entretient désormais d'elle-même : une croissance
moyenne de 1% sur la période, de fortes tendances déflationnistes,
des pertes bancaires qui continuent de croître, des performances boursières
qui ont amplifié les pertes en capital. Corollaire, les instruments macroéconomiques
traditionnels ont montré une efficacité très limitée,
bien qu'ils aient été mobilisés avec vigueur tout au long
de la période : depuis 1995 les taux d'intérêt à court
terme sont inférieurs à 1,5% tandis que la succession de plans de
relance a porté désormais la dette publique à 130% du PIB... |
Résumé
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