| Cet article analyse les différents canaux d'action de la politique monétaire et leur efficacité dans le contexte particulier du Japon à la fin des années quatre-vingt et au début des années 2000. Il passe d'abord en revue l'évolution de la politique monétaire tout au long de la crise, et en particulier à partir de 1998. Ensuite, au moyen d'une analyse en panel sur données individuelles de banques, il met en évidence la persistance d'un rationnement du crédit bancaire qui a entravé l'efficacité de la détente monétaire. L'un des canaux principaux de transmission des stimulations monétaires à l'activité, le crédit bancaire, est en effet enrayé et les conséquences de dix années de crise bancaire se font encore sentir très fortement. Cet article souligne que le comportement des banques en matière d'offre de crédit est une composante essentielle dans l'évolution des conditions monétaires japonaises. Il propose en outre un nouvel indice des conditions de financement de l'économie qui prend en compte explicitement le comportement des banques. Il soutient que la politique monétaire japonaise, quelles que soient les actions mises en uvre (accroissement de la base monétaire, cible d'inflation), ne suffira seule à relancer la croissance japonaise.
L'une des conditions, l'amélioration des conditions de financement de l'économie, est le redressement du système bancaire et donc l'accélération des restructurations. Ce n'est que lorsque les banques auront achevé l'apurement de leurs bilans et redresser une rentabilité parmi les plus faibles de l'OCDE, que seront réunies les conditions d'un véritable assouplissement de l'offre de crédit.
Écrit il y a un an, cet article reste tout à fait d'actualité. L'instabilité du système bancaire et financier japonais fait à nouveau peser des risques sur les marchés mondiaux de capitaux. Le processus d'assainissement bancaire a en effet été piétiné depuis lors et les bilans des banques japonaises sont toujours aussi fragiles. Les appels à une accélération de l'assainissement se multiplient. La croissance, artificiellement et temporairement soutenue par des plans relances budgétaires, marque le pas. La banque centrale qui avait relevé son taux directeur au cours de l'été 2000, vient de renouer avec un politique de taux zéro et envisage de recourir à de nouveaux modes de stimulations monétaires, dont l'efficacité est ici remise en question.
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