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La crise japonaise, ou comment un pays riche s'enlise dans la déflation |
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Evelyne Dourille-Feer
Cyrille Lacu |
2003 |
| Jusqu'en 1991, la solidité de l'économie nippone a reposé sur un modèle de
développement dont les grandes lignes ont été tracées dès la seconde moitié du XIXe
siècle et le début du XXe siècle, puis remaniées marginalement après la Seconde Guerre
mondiale. Ce modèle, conçu avec un objectif de rattrapage – donc de croissance forte– et dans un contexte de relative fermeture du marché domestique, s'est ordonné autour
d'un État régulateur, de groupes industriels puissants et de ménages poussés au travail
assidu et à l'épargne. Croissance et plein-emploi assuraient le bon fonctionnement du
modèle. C'est ainsi que l'État, par le biais réglementaire, a protégé des secteurs
domestiques à faible productivité pour en faire des réservoirs d'emplois (BTP,
agroalimentaire, distribution…), tout en encourageant la concurrence entre les grands
groupes, indispensable pour dégager une balance commerciale excédentaire. En
revanche, son rôle en matière de protection sociale est longtemps resté limité, celle-ci
étant prise en charge partiellement par les entreprises. La vocation des entreprises était
largement « communautaire » : il leur incombait de stabiliser l'emploi en gardant des
sureffectifs et d'assurer la formation du personnel. Mais ces surcoûts pouvaient, compte
tenu du faible niveau de concurrence, être répercutés sur les prix. |
Texte intégral
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