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    N° 140
Novembre 1995
Quand les marchés triomphent...
Une projection de l'économie mondiale à l'horizon 2002
MIMOSA
Après la récession des années 1991-1993, la plupart des pays de l'OCDE, sauf le Japon, a retrouvé, en 1994-1996, une croissance de 2,8 à 3 %. Toutefois, le déficit de croissance des années 1991-1993 n'a pas été récupéré, en particulier en Europe : en témoignent le niveau des taux de chômage (7,8 % en 1995 contre 6,2 % en 1990) et celui des déficits publics (3,9 % du PIB en 1994 contre 1,2 % en 1989). Cette situation peut conduire à deux interprétations : soit la croissance potentielle est faible dans la plupart des pays développés (de l'ordre de 2 à 2,5 %), en dépit du chômage élevé, l'écart du PIB effectif au PIB potentiel est donc faible, de sorte que toute relance se heurterait vite à la résurgence de l'inflation et à la hausse des taux d'intérêts ; soit la demande est structurellement insuffisante du fait de taux d'intérêt réels trop élevés qui bloquent rapidement toute flambée de croissance, l'écart au PIB potentiel est alors important, et le risque principal est celui de déflation. Si cette dernière interprétation était la bonne, la stratégie optimale à l'échelle européenne serait une forte baisse concertée des taux d'intérêt de court terme accompagnée d'engagements crédibles des autorités budgétaires de réduire les déficits publics dès que la demande deviendrait excessive. Cette stratégie impulserait l'investissement, réduirait les charges d'intérêt pour les entreprises et les finances publiques, et pourrait faire baisser les taux d'intérêt de long terme. Mais elle nécessiterait une étroite coordination des politiques budgétaires et monétaires et une forte crédibilité. En l'absence de ces deux éléments, le risque est grand que, dans de nombreux pays, malgré une inflation maîtrisée et un taux de chômage élevé, des politiques économiques trop restrictives soient mises en œuvre, les autorités se résignant à une croissance vertueuse, mais trop faible. Ce scénario nous semble le plus probable et c'est lui que retient notre projection. Résumé
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