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N° 149 |
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| Septembre 1996 |
| Faut-il aller
contre le cycle ? |
| Philippe Martin |
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| L'Europe, et plus spécialement la France,
ont redécouvert récemment les aléas du cycle économique, qui n'avait joué
que faiblement dans les années d'après-guerre. Génératrices d'incertitudes
et de risques, ces fluctuations cycliques sont généralement considérées
comme indésirables, et la plupart des gouvernements ont pour objectif de
stabiliser autant que faire se peut la croissance économique. Lorsqu'elles
réussissent, ces politiques de stabilisation ont-elles pour seul effet de
lisser l'évolution de la production ou influent-t-elles également sur le
rythme de la croissance à long terme? Les théoriciens de la croissance ne
s'accordent pas sur ce point. Pour certains, l'alternance de récessions
et de booms serait bénéfique, et ferait une oeuvre de destruction créatrice
qui augmenterait durablement le dynamisme de l'économie. Pour d'autres au
contraire, les pertes de capital humain subies pendant les récessions ne
se rattrapent que très lentement ensuite, et pénalisent la croissance à
long terme. Cette dernière thèse, étayée par plusieurs travaux récents,
renforce les justifications des politiques contracycliques... mais en souligne
également les risques, puisque toute erreur conduisant à une amplification
du cycle, est susceptible d'avoir des conséquences durables, non seulement
sur le niveau de production, mais aussi sur son rythme de croissance. |
Résumé |
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