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N° 155 |
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| Mars 1997 |
| La crise bancaire
en France et dans le monde |
| Michel Aglietta |
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| Depuis plus de vingt ans, les problèmes
bancaires se sont répandus dans le monde entier. Rares sont les pays qui
n'ont pas eu recours à l'intervention publique. Les pays anglo-saxons ont
subi des crises précoces et récurrentes dans les années 70 (banques secondaires
anglaises), puis dans les années 80 (double crise des caisses d'épargne
et faillites multiples de grandes banques commerciales aux Etats-Unis).
Dans les pays scandinaves, des crises généralisées des systèmes bancaires
ont éclaté au tournant de l'actuelle décennie. En Europe du Sud (Italie,
Espagne), les prêts non performants ont atteint 10 à 20% des crédits. Enfin,
la France et le Japon rencontrent des problèmes bancaires bien plus tardifs
en apparence que les pays anglo-saxons, mais aussi plus durables. L'analyse
comparative est éclairante pour saisir les raisons des difficultés persistantes
des banques françaises. Elles ne tiennent pas à des handicaps structurels
particuliers, qui grèveraient les conditions d'exploitation, ou à une trop
faible capitalisation. Elles s'expliquent plutôt par la manière dont a été
gérée la réforme imposée par le mouvement de libéralisation financière :
un environnement macro-économique très médiocre et une absence de reconnaissance
du caractère systémique des problèmes ont empêché un traitement global par
les autorités. La lenteur dommageable des restructurations capables de redresser
la rentabilité accroît ainsi les coûts insidieux qu'un mauvais fonctionnement
des banques fait peser sur la collectivité. |
Résumé |
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