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N° 156 |
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| Avril 1996 |
| L'euro et le
dollar |
Agnès Bénassy-Quéré
Philippe Martin
Jean Pisani-Ferry |
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| La question des incidences externes de
l'union monétaire européenne a longtemps été un sujet de préoccupation quasi-exclusivement
français. Elle fait depuis peu l'objet d'un intérêt croissant hors d'Europe.
En se dotant d'une monnaie commune, les pays de l'UE mettront en effet à
disposition du reste du monde un instrument attrayant d'échange et de placement
: la constitution monétaire qu'ils ont choisie garantira la stabilité interne
de l'euro ; celui-ci prendra appui sur une économie puissante, et donnera
accès à un grand marché financier. La création de l'euro sera donc un événement
monétaire d'ampleur mondiale.Il faut cependant se garder des espoirs excessifs
que suscite immanquablement l'évocation du rôle international de l'euro.
Il ne faut pas attendre de la nouvelle monnaie qu'elle supplante le dollar
dans ses fonctions de monnaie internationale ; et quand bien même le ferait-elle,
il ne faudrait pas en escompter des bénéfices très significatifs. L'utilisation
d'une monnaie par des non-résidents se paie en outre d'une instabilité de
sa demande, au moins au cours de la phase de réaménagement des portefeuilles
qui suit son introduction ; la Banque centrale européenne devra donc dans
un premier temps parer au risque d'une appréciation excessive de l'euro,
ou du moins de fortes fluctuations des taux de change. A plus long terme,
en l'absence d'un renforcement de la coopération internationale, il n'y
a guère de raisons de penser que l'unification monétaire européenne induira
une plus grande stabilité entre les grandes monnaies. Dans ce contexte par
nature incertain, il importe que la future Banque centrale européenne, ainsi
que le Conseil, se préparent à répondre efficacement à des risques d'instabilité
d'origine externe. |
Résumé |
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