Appréhender la violence dans l’espace comme un flux
Nombre d’analyses sur les conflits armés ne tiennent pas compte de l’origine spatiale des groupes de combattants, ni de la concurrence entre eux sur les marchés de prédation qui sous-tend la diffusion de la violence.
Par Mathieu Couttenier, Julian Marcoux, Thierry Mayer, Mathias Thoening
Une publication du CEPII intègre pleinement cette dimension spatiale dans les interactions entre facteurs économiques et conflits armés. Ceux-ci peuvent être représentés comme des flux d’échanges entre régions d’origine et de destination dans une géographie où l’emploi se répartit entre la production et le combat. Le revenu dans le secteur productif est lié aux débouchés locaux et étrangers. Également le revenu dans le secteur militaire, les combattants s’appropriant par la force une partie des rémunérations locales mais aussi extra-locales. Les frictions interrégionales impactent à la fois l’expédition de la production et la prédation des recettes générées au-delà des frontières.
Une simulation menée pour évaluer les conséquences d'une hausse de productivité économique dans la région ethnique d’origine Kanuri (la région d'Afrique de l’Ouest dont le groupe Boko Haram est originaire) montre que la concurrence sur le marché de l’appropriation façonne le remaniement spatial de la violence. La pacification qui en résulte s'étend bien au-delà de la région du choc initial.
Pour aller plus loin, lire The Gravity of Violence.
Une simulation menée pour évaluer les conséquences d'une hausse de productivité économique dans la région ethnique d’origine Kanuri (la région d'Afrique de l’Ouest dont le groupe Boko Haram est originaire) montre que la concurrence sur le marché de l’appropriation façonne le remaniement spatial de la violence. La pacification qui en résulte s'étend bien au-delà de la région du choc initial.
Pour aller plus loin, lire The Gravity of Violence.


